Les Guérisseurs

Je m'appelle Stéphane Allix, je suis journaliste d'investigations depuis plus de 20 ans. Au cour de mes différents voyages, je me suis rendu compte années après années, qu'un très grand nombre de gens vivaient des expériences extraordinaires. Des sujets sensibles, qualifiés un peu vite de phénomènes surnaturels. Ces sujets méritent d'être traités avec sérieux, c'est pourquoi j'ai décidé de mener l'enquête, une enquête dédiée aujourd'hui aux Guérisseurs.

Guérisseurs, rebouteux, magnétiseurs, des termes qui nous sont familiers et qui pourtant restent la source de biens des interrogations. Tout le monde a une histoire sur leurs sujets, mais que se cache-t-il derrière ces mots ? Ces pratiques sont-elles sérieuses ? Qu'en pensent les médecins ? Que dit la science ? Autant de pistes sur lesquelles je suis allé enquêter, en France, à travers l'Europe,mais aussi au Mali, en Amazonie Péruvienne, et aux Etats-Unis. Un voyage qui me conduira de surprise en surprise, jusqu'à cet hôpital américain, mais c'est une longue histoire qui a commencé dans les montagnes de Savoie quelques semaines plus tôt...

Tout le monde a sa petite idée sur les guérisseurs, bien souvent ils ont une spécialité. Ceux que j'ai rencontré en premier, soignent les brûlures. Ils enlèveraient instantanément la douleur et éviteraient même les vilaines cicatrices... Ces hommes, on les appelle les barreurs de feu ou les coupeurs de feu. Ils soignent à distance, sans médicaments, avec leurs mains ou des prières. René Blanc est barreur de feu depuis 30 ans, aujourd'hui à la retraite, il soigne les brûlures sans rémunération, pour rendre service. Éric un ancien patient de René, est venu témoigner.
Éric : J'ai eu accident de travail, une explosion électrique, j'avais des brûlures importantes, j'avais la figure, le bras... et lorsque je suis arrivé à l'hôpital de Thonon, l'infirmière qui me reçoit me demande si je voulais me faire couper le feu ? Moi, tout de suite, les sorciers ça n'existe pas, non. J'étais en souffrance, mais non, je les veux pas. Je pars comme ça dans ma chambre, et le lendemain matin une infirmière vient me voir et me dit, "vous avez dormi ?" J'ai dit, oui j'ai très bien dormi ! Elle me dit, "mais c'est pas normal, vous aurez du être sous morphine, on aurait du être à votre chevet toute la nuit". Et dans la journée, une copine vient me voir, elle connaissait René et lui avait téléphoné pour lui indiquer mes souffrances, et à mon insu, il m'a barré le feu. Et donc j'ai dormi, je n'avais pas de douleurs. Après donc, j'ai été convaincu de la qualité de se qu'il avait exercé sur moi. À ma sortie de l'hôpital, je suis allé en cure à Saint-Gervais. Quand j'ai vu le médecin, il me dit, vous êtes à votre troisième séance ? Je lui dis, non, je sors de l'hôpital ! Il me dit, "vous vous êtes fait couper le feu ?" Je réponds oui. Il rajoute, c'était pas la peine de venir, je ne peux pas faire mieux. Déjà de la part d'un médecin, c'est impressionnant, apparemment il m'avait aussi bien précisé que si j'avais pas de cicatrices sur le visage, c'est parce que je m'étais fait couper le feu. C'est le médecin de Saint-Gervais qui me l'a dit... Normalement, j'aurais du avoir des cicatrices sur le visage.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Éric n'était même pas au courant que René soulageait ses brûlures, un homme qu'il ne connaissait pas, réussit à enlever ses souffrances, à distance. Comment est-ce possible ? Je me rends au urgences de l'hôpital d'Annemasse, ils ont certainement entendu parlé des barreurs de feu, leur avis m'intéresse
Un infirmier : Si c'est quelqu'un qui se présente avec des brûlures, on évalue l'étendue des brûlures et on a un annuaire où on peut joindre las barreurs de feu. On a à disposition 4 ou 5 numéros (en réalité 3 sur le papier qu'il présente) qui sont ici, on les appelle de jours comme de nuit, à toute heures, et puis ils le font par téléphone bien souvent. Même si c'est une petite brûlure, il peut y avoir un petit délai d'attente pour voir un médecin, on les soulage évidemment tout de suite par les moyens thérapeutiques habituels, les pansements, les Brule-stop, mais c'est toujours nous qui appelons les coupeurs de feu.
C'est incroyable, en France, en Haute-Savoie, les spécialistes des brûlures aux urgences, appellent eux-mêmes les barreurs de feu. Infirmiers comme médecins, tous semble avoir une anecdote.
Le même infirmier : Moi je suis grand brûlé, j'ai été brûlé dans mon adolescence. J'avais quelqu'un de ma famille qui était coupeur de feu, et quand j'étais en chambre stérile et que la douleur, malgré les morphiniques, repointait le bout de son nez, je joignais le membre de ma famille, qui me disait, "dans un quart d'heure, tu penses à moi, et puis tu seras soulagé". Les souvenirs que j'en ai aujourd'hui, parce que ça date, c'est que il m'a bien semblait que ça me soulageait.
D'ailleurs, le chef du service des urgences, le Dr Tavernier, me confirme que cette collaboration ne date pas d'hier !
Dr Tavernier : En médecine on doit trouver une relation de cause à effet, on doit pouvoir expliquer se qu'on fait, et là, c'est vrai qu'on ne peut pas. On ne sait pas se qu'on fait, c'est pas bien dans la mentalité du médecin, moi-même quand je suis arrivée ici il y a 20 ans, j'y croyais pas, donc je ne faisais pas appel, c'était institué depuis des lustres dans le service, donc les anciens avaient appris aux nouveaux à le faire, et donc ça se faisait à mon insu, mais moi je ne faisait pas appel. Alors que maintenant, je fais appel. Il faut le vivre pour le croire. Un médicament pour la douleur, met 15 à 20 mn pour agir, si c'est pas suffisant, il faut en donner un deuxième, le barreur de feu, en 30 secondes, c'est fini, on en parle plus ! Il n'y a pas de médicaments qui fait ça. C'est particulièrement spectaculaire chez les enfants, sans les prévenir qu'on appelle un barreur de feu, l'enfant arrête de pleurer, ça, il n'y a pas photo. On peut dire quand on travaille le lendemain, les brûlures qui ont été barré et celles qui ne l'ont pas été, c'est... je sais pas, il faut le voir. C'est vraiment pas le même style d'évolution.
Je suis impressionné de voir des chefs de service collaborer avec des barreurs de feu, au cœur de l'hôpital. Au début, ce médecin n'y croyait pas, et les infirmiers appelaient René Blanc en cachette. Depuis elle a constaté les résultats, et s'est laissée convaincre. Quand on l'appelle René ne se déplace pas. Il agit à distance par téléphone, pour barrer le feu, stopper une hémorragie, ou soulager les douleurs des brûlures, il demande le nom, l'âge, puis il récite quelques prières mystérieuse en silence, il appelle ça, son secret...
René : Je ne veux pas donner mon secret, parce que j'y tiens et je pense que si je le divulgue il aura moins d'effet, c'est possible, je ne veux pas risquer de l'essayer pour le moment. Je le donnerai à mes enfant, après moi, je leur laisserai ce qu'il faut, je pense qu'ils sauront s'en servir, comme moi je m'en suis servi jusqu'à présent, je ne vois pas l'utilité d'en tirer un profit, j'ai peur au contraire que ça limite mes pouvoirs, alors on reste comme ça.
S.A. : Et votre mère vous l'a transmis à quel moment ?
René : Pas avant de décéder, je le savais déjà longtemps avant, elle m'a donné son petit paquet d'enveloppes, et m'a dit tu vois s'il y a quelque chose que tu ne comprends pas, tu me demanderas !
S.A. : Il y a quelque chose que vous n'avez pas compris ?
René : Oui, je dis et ça ? Elle m'a dit, tu fais ça avant ça, comme ça et comme ça, enfin bref, il y des petits gestes que vous n'avez peut-être pas vu, mais que je fais.
S.A. : Vous aviez quel âge quand elle vous l'a donné ?
René : J'avais une vingtaine d'année, ce que je dis, je l'ai sur papier, de ses mais, moi j'ai recopié les vieux papiers, et je crois que l'écriture à un impact parce que ça fait comprendre davantage les mots, le sens que les mots ont dans ce qu'on fait.
S.A. : Vous avez l'impression de donner de l'énergie à travers ce que vous faites aux gens, vous le ressentez comment ?
René : Ah oui, oui. Je le ressent surtout quand j'ai des bébés ou des enfants, quand on m'appelle des urgences.
S.A. : On vous appelle des urgences pour des enfants, c'est dans quel cas en général ?
René : Toujours dans les brûlures, principalement dans ces cas là.
S.A. : Ce qui est curieux avec vous, c'est que vous voyez pas vos patients ?
René : Oui, oui, je les vois pas, je les connais pas, je réclame même pas des photos.

Mais René est loin d'être une exception ! D'autres services d'urgence font également appelle à des barreurs de feu, qui agissent aussi à distance. La médecine ne comprend pas quels effets ont ses phrases secrètes sur les patients, mais les résultats sont là, stupéfiants. Arrêt des douleurs, cicatrisation accélérée, alors même si ça reste inexplicable, l'efficacité apparente des guérisseurs excite la curiosité de nombreux médecins, c'est le cas du célèbre neuropsychiatre, David Servan-Schreiber.
S.A. : Vous me disiez que vous aviez des collègues qui recommandaient à leurs patients d'aller consulter des barreurs de feu ?
Dr D.S-S. : J'ai connu des patients à qui leur radio-thérapeute avait dit, que compte tenu de l'intensité de la radio thérapie que je vais vous faire, qui risque d'avoir des effets secondaires sévères, en particulier des brûlures de l'épiderme, je vous demande d'aller consulter un barreur de feu avec qui j'ai eu des résultats très positifs, dans la mesure où cela limite considérablement les effets secondaires de mon traitement. Ça pose des vrais questions parce que barrer le feu, ça n'a pas aucun fondement scientifique ou rationnel, personne ne comprend comment ses formules, un peu magiques, souvent dites latin, pourraient empêcher l'épiderme de répondre sous forme de brûlures à une agression comme la radio-thérapie. Personne ne comprend. Finalement, ce que je trouve fascinant, c'est que le contrat qu'on a avec un médecin, si vous venez me voir, qu'est ce que vous attendez de moi ? Que je vous recommande quelque chose dont j'ai toutes les raisons de penser que ça va vous faire du bien et que ça ne peut pas vous faire de mal au passage. En tout cas vous faire plus de bien que de mal ! Dans ce contrat, il est stipulé nul part, que je dois savoir comment ça marche ce que je vais vous recommander ! Mais je dois être sûr que ça vous fera plus de bien que de mal, c'est ce que vous attendez de moi. Ce radio-thérapeute finalement il avait tout compris, si barrer le feu dans l'ensemble, ça marche sur ses patients, et que ça n'a aucun effets secondaire ou inconvénient, c'est la meilleure médecine possible, et c'est la médecine la plus rationnelle, je ne sais pas si elle est scientifique, mais elle est certainement la plus rationnelle, intelligente et logique, et c'est celle que tout le monde attend de son médecin !
Un médecin, neuropsychiatre, est en train de me dire que le travail de certains guérisseurs est comparable à la médecine la plus rationnelle qui soit. Mais sait-on comment cela fonctionne ?
Dr D.S-S. : On sait que l'esprit peut avoir un effet considérable sur des mécanismes physiologiques. La peau et le système nerveux central sont issus du même tissus embryonnaire. Dans l'embryon, il n'y a que 3 types de tissus, il y en a un qui va donner, et le cerveau avec tous les nerfs, et toute la peau. Donc la peau c'est presque un organe du système nerveux, donc on peut imaginer que les barreurs de feu par des mécanismes psychologiques, savent agir sur les réactions de la peau à une agression extérieur. Mais quand je vous ai dit ça, je ne vous ai pas expliqué le début du commencement du pourquoi ça marche...

La science est incapable d'expliquer ce que font réellement les guérisseurs ! Et pourtant, le guérisseur est une personnalité bien connu de nos campagnes, sans doute l'un des plus vieux métiers. Le plus souvent, ils sont rebouteux, c'est à dire qu'ils remettent les os en place. Là encore, chacun a sa spécialité, certains replacent les nerfs froissés, d'autres dénouent les muscles, soignent les foulures ou manipulent les os. Des techniques rudimentaires qui semblent efficaces.
Philippe Coutisson habite la Creuse, chez lui, les gens de tous les horizons se succèdent, presque sans interruption, et là encore, peu importe comment ça marche, puisque ça marche. Les noms de ses guérisseurs se transmettent de bouche à oreille, une immense majorité des gens font appellent à eux, sans cesser de consulter leur médecin, comme si l'ont reconnaissait à chacun sa zone de compétence. Les antibiotiques du docteur pour l'angine, les mains du guérisseurs pour un lumbago ou un zona. Mais alors, s'agit-il d'un don ? Loin des clichés et des raccourcis qui accompagnent souvent le terme de guérisseurs, je découvre des personnages intègres autant que surprenants. Les résultats qu'ils obtiennent constatés sur des milliers et des milliers de patients, posent des questions fondamentales pour la science. A quel niveau se situe leur action ? Jean-Luc Bartoli, un magnétiseur qui vit en bretagne,
J-L.B. : Sur les enfants, et même sur les personnes d'un certain âge, on peut utiliser l'énergétique dans le cas de renforcer les défenses immunitaires. On vient pas forcement voir un magnétiseur quand il y a un problème de santé, ce que je rêve, c'est d'avoir que des gens bien portants. Aujourd'hui, on utilise pas la prévention, les gens attendent d'être malade pour faire quelque chose. Dans le système actuel, les gens ne peuvent être que soignés puisqu'on traite leurs symptômes, on traite pas la cause, ce qui serait bien c'est de faire en sorte que l'énergie soit disponible tout le temps, et que la personne soie au top pour pouvoir faire face aux agressions éventuels de tout, au niveau des microbes... à tous les niveaux.
Noelle : Suite à une infiltration l'an dernier, j'ai attrapé le staphylocoque doré, qui a conduit à une méningite et complication de la méningite. J'étais en fauteuil roulant, mes parents ont décidé de prendre RDV avec Jean-Luc, au mois de juin, et je n'y croyais pas trop, j'avais quelques réserves. Le miracle s'est accompli car effectivement il m'a fait remarcher, en une séance, c'était l'un des derniers espoir, car ils m'avaient préparé quand même, à se que je ne puisse pas remarcher ou alors avec beaucoup de séquelles. Ils m'avaient acheter un fauteuil roulant, que je eu du mal à accepter, puis finalement je me dis que les choses sont bien faites puisque j'ai rencontré Jean-Luc après ! Il m'a pas expliqué grand chose, il m'a juste dit, tu vas remarcher plus vite que tu ne le penses ! Au début d'entretien, je me suis dis baliverne quoi ! Il a fait ce qu'il avait à faire, puis après il me dit tu vas aller dans la salle d'attente. Je fais signe à ma mère de m'amener le fauteuil roulant, puis il me dit, non, non, et c'est là que je suis restée stupéfaite. Je n'avais plus rien à perdre, alors je me suis mise debout, j'ai fait un pas, j'ai vu que je tenais l'équilibre, puis un autre, etc, et je suis revenue dans la salle d'attente en marchant. Sur le coup, c'était trop beau pour être vrai, il s'est passé quelque chose avec J-L., je ne peux pas dire quoi, ni comment, mais au final, grâce à lui j'ai gagné des mois et des mois de rééducation. Dans le dossier médical, il y a une phrase du Dr Baron, chef du service de rééducation, écrite, qui est assez parlante, qui dit : comme tu peux le voir, l'évolution a été favorable, quasiment miraculeuse !
Dr B. : Effectivement, quand Noelle elle est venue ici, elle avait une paraplégie, elle ne pouvait pas utiliser ses membres inférieurs, pendant quelque mois elle était dans le service, elle n'arrivait pas à marcher, et un soir elle m'a demandé l'autorisation d'aller faire un tour, je lui est autorisé, et le lendemain quand elle est revenue, elle marchait ! Je me dis qu'il y a des chose qu'on ne connaît pas, qu'on ne comprend pas et qu'on explique pas forcement, mais de toute façon je me bas toujours pour le patient, jamais je ne lui aurait proposé d'aller voir un magnétiseur, ou un gourou ou un guérisseur, elle y est allée d'elle-même, et dans la mesure où ça c'est bien passé, je trouve que c'est super pour elle.
Le médecin rééducateur est stupéfait, Noelle remarche, et pour lui, il n'y a pas d'explication !
J-L.B. : Quand je vois les gens, pour moi c'est tellement flagrant, c'est la lumière, les gens ont une lumière autour d'eux, cette lumière si la personne rayonne, si il y a tout ce qui faut, si on a un corps énergétique comme ça (en écartant les bras) et c'est lumineux, pas de problème, la vie peut se manifester. Mais si a l'intérieur, il n'y a pas de lumière, la vie ne se manifeste pas ! Et Noelle quand je l'ai vu rentrer, le premier truc, je voyais tout son corps énergétique qui était complètement en biais, il y avait le corps physique là et le bas des jambes qui étaient en dehors de son corps magnétique, et pour moi c'était une évidence, si j'arrivais à remettre ce corps énergétique dans ses jambes, par rapport à se qui s'est passé, les gens qui étaient dans la salle d'attente, ils se sont dit c'est un miracle, c'est pas un miracle, je ne fais pas de miracle, on est pas à Lourdes, on est à Saint-Brieuc. Je l'ai allongé, on a vérifié, j'ai senti à certains endroits des perturbations comme lui avait dit la médecine, et j'ai fait des passes magnétiques, pour essayer en fin de compte, de restituer l'énergie là où elle devait être.
Dr B. : Je suis assez ouvert pour avoir envie de rencontrer cet homme là, je pense que c'est quelqu'un qui doit avoir un don, je ne comprend pas ses choses là mais on doit être suffisamment ouvert dans la vie, pour accepter qu'on ne connaît pas tout, et qu'on a encore plein de choses à découvrir.

Première découverte, les médecins acceptent de parler des guérisseurs, avec beaucoup d'ouverture d'esprit.
Deuxième découverte, une énergie, seulement visible par les guérisseurs, permettrait de déclencher un phénomène d'auto-guérison, ça marche, parce que j'y crois. C'est ce que l'on appelle, un
"effet placebo".
S.A. : Ce que disent souvent les magnétiseurs, les barreurs de feu, c'est qu'ils expliquent eux, ne rien faire particulièrement, ils servent juste de canal, et certains même, disent qu'ils activent des mécanismes d'auto-guérison chez les gens qui sont en face d'eux. Comment ça raisonne pour le médecin que vous êtes ?
Dr D.S-S.: L'effet placebo, ce n'est rien d'autre qu'activer des mécanismes d'auto-guérison qui forcement sont là, puisque on fait une intervention qui pour nous médecin n'est pas censé être efficace, or, il y a un effet de guérison qui se manifeste. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un effet placebo qu'on contrôle, si mes patients guérissent, ce n'est plus un placebo, c'est un traitement ! Souvent il y a une confusion, le médecin parle d'effet placebo comme quelque chose qu'on contrôle pas, pas efficace, dans la tête du patient... Mais si on peut voir une guérison s'opérer au niveau de la peau, et qu'on peut le faire de façon systématique, avec la même intervention, même si elle n'a pas de fondement scientifique, vous avez là un véritable traitement.
S.A. : Et sur les cancers par exemple, est-ce que en dehors de la radio-thérapie qui peut faire appel à des barreurs de feu, il y a d'autres champs de cette maladie qui peut éventuellement intégrer des pratiques alternatives, voir du travail des guérisseurs ?
Dr D.S-S. : Il y a plein d'anecdotes... Il y a un tas de personnes qui vous racontent qu'un guérisseur a joué un rôle important dans leur maladie. ça ne prouve rien scientifiquement, puisqu'on peut jamais savoir, ils ont aussi fait de la radiothérapie, aussi fait de la chimio, aussi fait de la chirurgie, qu'est-ce qui a véritablement permis la guérison ? On a pas la réponse définitive, mais beaucoup de gens sont convaincus que certains guérisseurs les ont prodigieusement aidé dans leur approche de la maladie. Pour moi tant qu'un guérisseur ne vous prend pas trop d'argent, qui vous fait rien faire de dangereux, qui vous empêche pas de suivre les traitements conventionnels dont on sait qu'ils ont une efficacité importante, il n'y a pas de charlatanisme, il n'y a pas de danger, mais il faut avancer dans ce terrain avec beaucoup de précaution évidemment.

Les guérisseurs aident à guérir, ils suppriment les migraines, les douleurs, les démangeaisons... Mais je découvre également que l'on fait appel à eux, dans un domaine totalement inattendu, le sport de haut niveau ! Pierre Yonas est guérisseur à Paris. Après ses consultations, il rejoint le staff technique de l'équipe semi-pro de handball de Savigny. Je découvre lors d'un entraînement, qu'il fait parti intégrante de l'équipe du préparation physique. Un guérisseur chez les sportifs de haut niveau. Est-ce que les joueurs professionnels tirent un avantage de la présence de Pierre ? Comment est-il accepté au sein de l'équipe de soin ? Quel est son rôle précis ?
S.A. : C'est venu comment cette idée ?
P.Y. : Je travaille avec le coach, on a fait des essais, des tests, sur les joueurs pro, pour voir si ça fonctionnait bien, s'il y avait une réaction ! On a vu qu'au fil du temps, il y avait une réaction hyper positive et que les joueurs en redemandaient et revenaient, c'est à dire que le gars se blesse tout de suite, on travaille et il repart tout de suite.
(En manipulant un joueur...) Tu veux faire l'expérience Stéphane ? Tu ne forces pas, tu poses juste ta main, je suis obligé de mettre ta main avec la mienne. Vas-y le joueur, parle ! (Il dit une phrase, puis recommence 2 fois).
S.A. : Ah oui, d'accord, j'ai senti une petite vibration musculaire !
P.Y. : Et bien c'est ça, il est là le problème ! C'est le choc, c'est ça, c'est une vibration, c'est là qu'est le problème !
S.A. : Une fois que tu as senti ça, qu'est-ce que tu fais ?
P.Y. : Je demande au corps de se replacer...
Je n'en reviens pas ! J'ai senti une vibration très nette ! Je veux en savoir plus.
Le joueur : J'ai moins mal au niveau de la cervicale, c'est sur ! Ok, merci.
S.A. : Là par exemple, ce que j'ai senti, je n'ai pas de capacité du tout, c'est juste que je sens quelque chose vibrer physiquement ?
P.Y. : Tout le monde a cette capacité, j'ai mis ma main sur toi, ça a fait un relais, j'ai fait relais comme le courant.
S.A. : J'ai eu l'impression de sentir comme un muscle qui tressaille. C'est du muscle, non ?
P.Y. : C'est ça, c'est la vibration qui ressort, qui devient plus forte. T'as mis ta main au-dessus, t'as rien senti, tu l'a mis sur l'endroit, t'as senti, c'est une fuite.
S.A. : Ça, c'est parce que tu m'as aidé ?
P.Y. : Oui, mais on est tous capable de le faire ! Je t'ai montré comment on fait, mais demain, tu peux le faire. C'est pas surnaturel, c'est naturel. C'est parce que c'est pas encore tout à fait compris, mais quand se sera compris, on dira que c'est normal !
S.A. : Donc ça, c'est une fuite de quelque chose ?
P.Y. : C'est un choc vibratoire, le corps a eu un choc et le choc vibratoire est une alarme. Cette alerte va créé un fil, ce fil conducteur m'envoie à un nœud, donc une raisonance plus forte, et cette résonance plus forte est la cause. Même s'il a mal de l'autre côté, si je sens la cause ici, c'est que c'est là.
S.A. : Quand tu fais ses pas, cette respiration particulière... ?
P.Y. : C'est pour envoyé de l'énergie, du magnétisme, et enlever le problème. Il m'ouvre la porte, je prends le problème. Voilà !
Énergie, vibration, Pierre utilise les mêmes mots que Jean-Luc, tous deux disent intervenir sur un corps énergétique, qui serait comme superposé à notre corps physique. Ce qui me surprend le plus c'est que le kiné de l'équipe, fait aussi appel au services de Pierre !
S.A. : Vous en tant que blessé et en plus kiné, c'est quoi le plus que vous voyez apporté par Pierre sur ce que vous avez ?
Kiné : C'est vrai qu'en étant kiné à la base, j'étais un peu septique malheureusement. Même en étant septique, quand il vous prouve qu'il arrive à trouver la pathologie, vous pouvez dire que c'est faux !
P.Y. : Et puis quand on se sent mieux !
Kiné : C'est vrai qu'à la base, avec les études, on est septique, dans les formations et surtout qu'en on parle avec les autres thérapeutes, ça passe mal de dire qu'on va voir un magnétiseur. Maintenant quand ça marche...
S.A. : Et au sein de l'équipe, vous voyez comment ce travail sur les autres joueurs ?
Kiné : Ils sont surtout bluffer en fait. Ce qui les impressionnent beaucoup, c'est le diagnostic que fait Pierre.
P.Y. : Et la vitesse !
Kiné : Oui, en temps que sportifs de niveau assez haut, ils sont blessés souvent, ce qui les impressionnent, c'est qu'il est capable de dire ce qu'ils ont eu avant, c'est très impressionnant.
Clemente, le préparateur : On a un staff complet avec le magnétiseur, ils travaillent tous ensemble, on a des résultats. Il n'y a pas d'injections, pas de produits, c'est juste une énergie. Donc de toute façon, ça marche, ça marche, même si ça marche pas, il n'y a pas de contraintes.
S.A. : C'est un vrai plus d'avoir Pierre ?
Clemente, le préparateur : Oui c'est un vrai plus, on va dire même, c'est une carte magique même, on a une carte magique dans la poche, c'est super intéressant.

Un entraîneur qui parle de carte magique, pour désigner un guérisseur. Mais comment fait Pierre en quelques minutes, sur un regard, pour tout connaître de l'état de santé du joueur qu'il a devant les yeux ? A-t-il un don ? Et si c'est le cas, peut-on l'acquérir comme on apprend la médecine à l'université ? Je décide d'interroger le Docteur Thierry Janssen, chirurgien et psychothérapeute. Il est spécial, il s'est intéressé au travail des guérisseurs, au point de faire l'apprentissage de leurs techniques. Un homme à la double casquette, qui combine médecine conventionnelle et pratiques non expliqués des guérisseurs.
S.A. : Qu'est ce que ça veut dire guérir ?
Dr T.J. : Il y a s'en doute plusieurs formes de guérisons, et il y a autant de types de guérisons que de dimensions qui constitue l'être humain. Je veux dire par là, que nous sommes un être physique, matériel, mécanique, et la médecine occidentale essaye de bien comprendre cette mécanique, et on peut obtenir des guérisons mécaniques. On peut réparer un corps abîmé ou mal formé, on peut y inclure des molécules chimiques qui vont favoriser la guérison et tout cela se passe au niveau matériel, mécanique. Donc je crois, que les guérisseurs ne sont pas que des docteurs prescripteurs de remèdes, ou utilisateur de technologie, mais ils sont aussi capables de travailler au niveau émotionnel, intellectuel, spirituel avec la personne qui est en face d'eux, ils les voient dans leur globalité. Donc, ne jetons pas tout ça à la poubelle, sous prétexte que nous avons hypertrophié la guérison mécaniste, n'oublions pas que l'être humain a aussi besoin d'une guérison spirituelle, intellectuelle et émotionnelle.

Le secret des guérisseurs serait donc là. Ils considèrent le corps, l'esprit et les émotions comme un ensemble indissociable, et c'est en agissant sur l'une de ses composantes, qu'ils arriveraient à soigner. Nous ne serions donc pas seulement une belle mécanique faite de chair et d'os. Il est vrai que l'acuponcture par exemple, utilise elle aussi des canaux d'énergies que l'on est incapable de détecter physiquement, et pourtant ça marche, on fait même des anesthésie générale grâce à l'acuponcture. Mais de quelle énergie peut on parler, lorsque le guérisseur soigne à plus de 800 kilomètres de distance ?
J'assiste à une séance de Jean-Marie Le Gall, magnétiseur.
J-M. G. : Jusqu'à présent, les personnes qui sont intervenues étaient physiquement là, maintenant, j'effectue une approche complémentaire au gens qui viennent au cabinet, pour essayer de les aider ou les soulager malgré la distance. Les gens m'envoient un courrier explicatif avec leur motivation et les problèmes qu'ils ont, je demande aussi une photo si possible qui date de moins de 2 ans. Je fais une lecture à nouveau du contenu qui concerne la problématique de la personne, je pose la photo (il nous montre un exemple et sa photo) et je me mets en état de réceptivité et de recueillement. Au bout de quelques instants, je sens venir se positionner délicatement des mains invisibles sur les miennes, et enfiler une paires de gants... Ensuite je suis comme en pilotage automatique, je m'efface complètement et laisse faire ses mains d'une façon automatique, qui vont aller sur ce corps invisible et subtil, qui en quelque sorte c'est matérialisé, pendant une période de 5 à 10 minutes environ. J'ai vraiment l'impression de faire un palper subtil. C'est pour ça que très émouvant. Pour ma part, je sens vraiment comme si un corps subtil c'était matérialisé sous mes doigts. J'ai l'impression de suivre le contour de ce corps, et de travailler avec l'équivalence de la tête comme si elle était présente. Et à la fin, on me dit stop, le travail est terminé, et je sens d'une façon mécanique, ses mains subtiles se retirer des miennes et la séance se termine.
J'ai voulu rencontrer Anna, la jeune femme sur la photo, elle habite la banlieue parisienne, à 800 km de chez Jean-Marie. Atteinte d'un problème d'insensibilité de la jambe, elle a fait appel à ce guérisseurs. Quelques jours ont passé, Jean-Marie ne prévient jamais quand il intervient.
Anna : J'étais sur mon canapé un soir, et j'ai ressenti une très forte énergie m'envahir. Très très forte. C'était comme une sorte de courant qui passait comme ça, de fluide, mais quelque chose de positif. Et c'était la première fois depuis des mois que je n'avais plus ressenti ça dans ma jambe. Il y avait quelque chose qui coulait d'un coup, comme si mon sang circulait à nouveau, comme si il avait plus de circulation, il y en avait une oui, que je ne ressentais plus, je n'avais plus aucune sensation même, on me touchait, je ne sentais rien, d'un coup il y a quelque chose qui s'est produit. C'était déroutant d'ailleurs, comment expliquer qu'il y quelqu'un qui travaille sur votre photo à 800 km, où vous captais clairement une énergie. Il y a quelque chose qui se produit à l'intérieur, j'étais incapable de plier la jambe, il y avait rien, rien, je ne pouvais rien faire. C'est troublant...
Progressivement, elle a retrouvé un peu de sensibilité et même de la force musculaire. Moi aussi je suis troublé !
Dr T.J. : Imaginez qu'on guérit quelqu'un. Personnellement je ne le pense pas ! On peut aider quelqu'un à se guérir. Mais je pense que la guérison, vient toujours de l'être qui est malade. Le guérisseur traditionnel, par les explications qu'il va apporter, même s'il fait référence à des ancêtres, des possessions, des esprits malins, des remèdes ou des passes magiques à appliquer, peu importe, il va permettre au patient de s'apaiser, de retrouver des repères, de remettre du sens sur tout ça, et de continuer et de choisir une direction de la suite. Et cette action là, est déjà bénéfique en soi. Sans parler d'interactions électromagnétiques, d'influences sur un niveau de la réalité qui nous échappe, rien que ça c'est énorme.
Un niveau de réalité qui nous échappe ? A quoi fait référence Thierry Janssen ? Je réalise alors, que chez J-L Bartoli, quelques semaines auparavant, il s'était produit quelque chose d'étrange, je n'en avais peut-être pas mesuré toute l'importance.
J-L.B. : (En parlant avec une patiente). Ta partie physique, elle fonctionne grâce à l'énergie qui est à l'intérieur de ton corps, et grâce à l'énergie qui est emmagasinée dans une enveloppe bioplasmique, et à l'intérieur de cette enveloppe il y a tout un paquet d'informations, qui permettent à ton corps de fonctionner correctement. Tend tes deux bras en avant. La plupart des gens ont un corps énergétique qui vient jusqu'ici (la limite des bras tendus). On s'est vu il y a un moi à peu près. (Elle baisse les bras). Alors regarde, dès que je vais arriver un petit peu avant, (la fameuse limite invisible), tu vas voir se qui va se passer. Tu vas te sentir partir en arrière. (Et elle part en arrière...)
Assistant à cette démonstration, je me dis que la jeune fille doit être influencée, d'une manière ou d'une autre, elle a les yeux ouvert, elle regarde les mains de Jean-Luc !
J-L.B. : Cette partie là, tu ne l'as visualise pas.
Fille : Non.
J-L.B. : Et pourtant regarde, (il recommence, et elle part encore en arrière), là, tu parts, (il recommence encore). Si ma main est dedans et là et que je pousse simplement avec cette main là, tu vas tourner, (et elle tourne).
S.A. : Bon, j'essaye les yeux fermés d'accord !
Je me demande si ça marchera sur moi ! (On voit les images : le magnétiseur palpe alors mon enveloppe énergétique, pratique quelques "touchés", et je vacille légèrement, plusieurs fois...)
J-L.B. : Ça picote dans les bras ?
S.A. : Oui ! Vous me poussez ?

A ma grande surprise, je ressens très nettement quelque chose, la sensation qu'une force me pousse en arrière. Ou alors, je sens comme une paroi se coller contre mon dos et me faire partir vers l'avant. C'est très déconcertant ! C'en est trop, je veux en avoir le cœur net. Avons nous tous une enveloppe, une sorte de bulle autour du corps, une bulle d'énergie ? Pour la science, se que pousse Jean-Luc est invisible, impalpable, impossible. Et pourtant, il me pousse, je le sens, je tombe ! La recherche médicale, s'intéresse depuis peu au rayonnement électromagnétique du corps. Les guérisseurs agissent-ils sur ce rayonnement ? James Oschman, chercheur en biophysique et en biologie, spécialiste de la médecine énergétique, va pouvoir me renseigner. Vais-je enfin comprendre ce qu'il se passe avec les guérisseurs ?
S.A. : Lorsque la majorité des guérisseurs dans le monde parlent d'énergie, ils parlent de quelque chose qui est en relation avec le champ biomagnétique des cellules, des organes et du corps.
Dr J.O. : Cela recoupe davantage de choses. Il y a beaucoup de confusion au sujet de l'énergie, mais en réalité, c'est très simple. L'énergie est ce qui nous permet de sentir le monde ! A chaque seconde, à chaque minute, nous faisons l'expérience de l'énergie. La lumière est une forme d'énergie, je vous vois, je vous entend, le son est une forme d'énergie, je touche le sol, je ressens le poids de la gravité, c'est une forme d'énergie qui tire mon corps vers le sol. Je sens les odeurs, se sont des molécules en vibrations, je palpe des objets, je perçois le monde. Toutes ses sensations sont des phénomènes énergétiques. Il ne s'agit pas d'un mystère mais tout simplement de l'impact que ses sensations ont sur notre corps, ce qui nous permet de savoir où nous sommes, qui nous sommes, ce que nous faisons, et ce qui se passe autour de nous. Il existe une autre définition de l'énergie donnée par la physique, l'énergie est la capacité de produire une action.
S.A. : Disons qu'il y a ce champ biomagnétique autour du corps. Mais comment quelqu'un peut-il influencer ce champ ? Qu'est-ce qui se passe ?
Dr J.O. : C'est très intéressant ! Dans le cas où des tissus sont abîmés, leur champs magnétiques en sont affectés d'une manière bien particulière. Les magnétiseurs posent leurs mains à cette endroit et leur propre tissus absorbe ce flux magnétique perturbé. Ensuite ils secouent leurs mains ou les retirent. Ce qui se passe, c'est qu'ils magnétisent leurs tissus et ensuite ils les démagnétisent en secouant, ainsi, ils absorbent le flux magnétique perturbé et ils le nettoient, ils s'en débarrassent. Après avoir fait cela plusieurs fois, ce flux perturbé à disparu. Une personne sensible peut sentir ce genre de chose, ce dérèglement dans les tissus, ça arrive souvent que le thérapeute pose ses mains directement à l'endroit où le patient souffre. Le patient se demande comment il a pu savoir ! La raison est que le thérapeute sent les irrégularités dans le champ magnétique, il peut savoir où se trouve les tissus perturbés, il peut envoyer des signaux et ainsi guérir les tissus. Tout ceci obéit aux lois de la physique, ses interactions se produisent réellement, ou alors ils nous faudrait revoir 150 ans de physique !
S.A. : Comment expliquez vous que la majorité des guérisseurs disent ne pas savoir ce qu'ils font ? Ils font des gestes mais ils ne peuvent pas expliquer ce qui se passe.
Dr J.O. : Dans ce genre de travail, ce qui importe, c'est de ne pas penser, il faut savoir déconnecter son esprit rationnel. Passer ses mains sur le corps d'une personne pour trouver se qui est perturbé, n'est pas un processus intellectuel, ni un raisonnement neurologique. Il faut se laisser aller à une autre forme de sensations et se laisser guider. Et lorsque vous vous laissez guider, vous obtenez souvent la bonne réponse !

Pour guérir, ne pas penser, ne pas réfléchir. C'est difficile à concevoir et tellement opposé à notre conception de la médecine, qui elle se base sur des années d'études. Comment peut-on savoir guérir sans apprendre ? En réalité, il semblerait que les guérisseurs apprennent, mais d'une autre manière, de façon intuitive, en se laissant guider. Mais guider par qui ? Par quoi ? Je me rends à Iquitos, en amazonie péruvienne, mon objectif, rencontrer un guérisseur local, un chaman. Ils parlent aussi d'une énergie, mais cette énergie leur serait donné par les plantes. Au pérou aussi, les chamans ne pensent pas quand ils guérissent. Ils seraient guider par des plantes qui leur enseigneraient comment soigner leur patient. Des plantes qui soignent ? Pourquoi pas. La phytothérapie est reconnue à travers le monde. Mais des plantes qui enseigne les moyens de guérir, ça c'est curieux ! En venant ici, à la rencontre avec les plus vieilles traditions de soigneurs, j'ai l'espoir de comprendre d'où vient cette énergie qui circule entre les mains des guérisseurs. En france, René a reçu de sa mère, les secrets qui lui permettent d'enlever les brûlures, Jean-Marie guérit parce que des mains invisibles se juxtaposeraient aux siennes, et ici en amazonie, c'est encore autre chose. Je me rends chez Guillermo Arevalo Valera, un indien de l'ethnie Shipibo - Conibo, pour savoir d'où viennent ces connaissance. C'est un chaman réputé dans tout le bassin amazonien, dans sa famille, on est chaman de père en fils, depuis plusieurs générations.
S.A. : Comment faites-vous pour soigner ?
G.A. : Quand je travaille, je peux donner de l'énergie à une personne qui est très faible, très fatiguée, très déprimée. Mais cette énergie, n'est pas la mienne, c'est celle de la plante. Premièrement notre façon de diagnostiquer une maladie, passe par le dialogue, la conversation. Nous nous servons aussi du pouls, par exemple, nous touchons ici la partie centrale de la paume, ceci nous donne une indication sur l'état d'esprit de la personne, son état spirituel, son âme. Quelqu'un qui a été purifié et préparé, comme un chaman, et aussi préparé psychologiquement. Il utilise en partie la psychologie et la psychiatrie, comme le ferait un médecin généraliste, et si on doute du diagnostique, on se sert des plantes pour voir à l'intérieur du patient. Si il a mal à la tête, il faut entrer dans sa tête pour trouver le mal. Où se trouve le mal ? Dans les veines ? Dans le sang ? Il faut chercher.
Cette énergie, cette connaissance viendrait des plantes, en plus face à un malade, au moindre doute sur le diagnostique, le chaman aurait la possibilité d'observer le corps des patients de l'intérieur, grâce aux préparations faites à base de plantes. Peut-on y croire ? J'apprends pourtant que des médecins viennent ici au pérou, dans l'espoir d'acquérir ses connaissances.
G.A. : Il y a encore beaucoup de domaines que nous ne connaissons pas. Mais nous les Shipibos, nous avons une grande connaissance de la nature, nous avons toujours été attirés par les mystères de la nature. Ce que l'on voit normalement, c'est ce qu'on perçoit de manière surnaturelle. C'est ainsi que nous apprenons.
S.A. : Beaucoup de médecins occidentaux viennent ici. Qu'est-ce qu'ils viennent chercher ?
G.A. : Ce qui les intéresse, c'est la relation que l'on a avec les plantes et les esprits. Ils veulent en savoir plus sur nos connaissances, ils veulent aider les gens et les soigner. C'est surtout ça qu'ils veulent savoir.

C'est assez délirant mais cette médecine chamanique est efficace. Les guérisseurs d'ici, utilisent une énergie pour soigner, transmise par les plantes. Grâce aux plantes, ils pourraient visualiser l'intérieur du corps, depuis des siècles. Alors, réel ou imaginaire, comment trancher ? Certains chercheurs et scientifiques, affirment qu'une autre forme de perception serait possible. Vous comme moi, avons des yeux qui voient la lumière, les chamans seraient capables de percevoir l'énergie des plantes, et d'utiliser cette énergie pour guérir. Et ce n'est sans doute pas un hasard, si depuis plus de 50 ans, les laboratoires s'intéressent très sérieusement à ses plantes. Aujourd'hui, la vente de produits pharmaceutiques issus de plantes découvertes par les chamans, représente un marché de plus de 20 milliards de dollar.

Premier bilan, dans l'est de la France, des services d'urgences appellent des guérisseurs pour soulager les brûlures, mais ce n'est pas officiel, ni revendiqué. Au Pérou, des chamans qui soignent avec les mêmes méthodes depuis plusieurs siècles, intéressent les labo pharmaceutiques. Mais il n'y a pas de valorisation de leur savoir, seulement une observation attentive. Ces plantes dont on ne connaît pas encore les principes actifs, sont pourtant utilisées avec succès par les guérisseurs. En revanche, à ma grande surprise, en Afrique, à Bamako au Mali, les deux médecines, conventionnelle et traditionnelle, travaillent ensemble. Le Pr Abdoul Traoré Diop est le chef du service de chirurgie. Il a étudié la médecine en France pendant 10 ans. C'est sur son initiative qu'un rapprochement c'est fait entre les guérisseurs locaux, qu'on appelle ici les tradipraticiens, et le département de chirurgie de l'hôpital. Je me demande ce qui a motivé cet homme à faire appel aux guérisseurs traditionnels !
S.A. : Comment une médecine qui voit le corps comme un assemblage mécanique de pièces détachés, et des guérisseurs ayant une vision globale et énergétique de l'homme, peuvent-ils travailler ensemble ?
Pr A.T.D. : Je suis chirurgien et la chirurgie est traumatisante, assez agressive, et nous pensons que les tradithérapeutes sont des gens qui sont capables d'amener les gens à comprendre ce qui peut leur arriver, donc à les rassurer. Parce ce qu'ils sont fortement intégrer dans la communauté, donc c'est un lien très important eux, les patients et le reste de la communauté.
S.A. : Est-ce qu'il y a quelque chose que vous ne savez pas faire, que eux savent faire et vous pas faire ? Ou des choses que vous faites et que eux ne savent pas faire ?
Pr A.T.D. : Oui certainement ! Je pense que les domaines d'interventions sont assez spécifique, mais de manière générale, j'ai l'impression qu'ils manipulent des circuit de circulation de l'énergie pour pouvoir faire des choses incroyables. Oui, je le crois.
Finalement, où que l'on aille, tous ne parlent que d'énergie !
Pr A.T.D. : Nous avons été séparé de nos communautés, de nos familles, de notre société par la formation que nous avons reçu. C'est un premier point. Eux n'ont pas se désavantage, bien au contraire, ils sont intégrés dès le départ dans la société, ils travaillent avec les matériaux de tous les jours que les gens connaissent, les herbes, les écorces d'arbres, donc ils sont mieux intégrés et ils connaissent mieux la psychologie collective et individuelle des patients, donc il peut les approcher plus que nous. C'est le premier point. Le deuxième point, c'est que je pense qu'il faut rester modeste. C'est pas parce que nous avons un esprit cartésien, que nous voulons tout expliquer de façon rationnelle que nous allons réussir à expliquer ce que nous avons pas à expliquer. Eux ont des secrets, des connaissances très profondes qui sont fortement ancrées dans leurs pratiques de tous les jours, mais qui ne livrent pas volontiers aux gens. C'est une difficulté, car quand le médecin moderne, essaye d'acquérir leurs connaissances, leurs secrets, ils disent non, il y a un cheminement pour acquérir ses connaissances, mais le côté le plus difficile, ce n'est pas de la part d'un médecin moderne, mais de la part du médecin traditionnelle qui pense qu'ils ne doivent pas venir à l'hôpital pour se vendre.
Incroyable, un chirurgien qui regrette de ne pas connaître le secret des guérisseurs ! Et je ne suis pas au bout de mes surprises. Le Docteur Koumaré, chef du service de psychiatrie, travaille lui aussi avec des guérisseurs, ça c'est une première, un psychiatre et des guérisseurs !
S.A. : Vous pourriez nous expliquer en quelques mots, en quoi consiste l'intervention des tradipraticiens dans votre travail ?
Dr K. : C'est vrai qu'on a été formé à l'occidentale, mais nous avons nos références africaines, donc la culture est là en nous et il fallait nécessairement l'utiliser aussi et on ne pouvait pas ignorer ces références traditionnelles, parce qu'elles font parties du tissus social. Donc, ceux avec lesquels nous collaborons, sont des gens qui ont fait leur preuve, qu'ils sont reconnus dans un village, et puis on se rend compte qu'ils ont 10, 20, 30, 40 patients, tout comme ici dans mon service. Et quand je rencontre un tradithérapeute, qui a 70 patients à charge, je lui dis, confrère, comment ça va ? Et on peut parler. Et là, sur un plan d'égalité.
Considérer les guérisseurs, les intégrer parce qu'ils font parti du tissus social, c'est un peu comme si en France, le psychiatre traitait le guérisseur de confrère parce qu'il soigne un grand nombre de personnes, tout comme lui. Il faut que je rencontre ces guérisseurs. L'un d'eux, très réputé au Mali, accueille avec ses fils, des personnes venues pour une consultation, la plupart du temps des fractures. Le guérisseur Niaré est le patriarche qui nous reçoit. ici même l'université s'intéresse au guérisseur. J'ai tout à coup le sentiment de voir naître une nouvelle médecine.
Le chirurgien Diop est là pour son doigt cassé, et traduire mes questions.
S.A. : On a un chirurgien chef de service à Bamako qui vient se faire soigner son doigt cassé chez le guérisseur Niaré ?
Pr A.T.D. : Voilà, tout à fait, parce que je crois en ses capacités, dans ce domaine là !
S.A. : Comment il se voit complémentaire de votre travail à vous ?
Niaré : Quand on reconnaît les compétences des uns et des autres, le travail est facile, et quand les médecins modernes, ici au Mali, ont reconnu mes compétences dans mon domaine, ils m'ont même donné des documents officiels pour que je puisse exercer en toute liberté. Même le premier ministre du Mali m'a donné l'année dernière une médaille pour me récompenser des efforts fournis pour le pays. Les médecins modernes m'ont proposé de me construire un local au sein de l'hôpital pour que j'aille exercer là-bas. J'ai refusé car il y a quand même des interdits, et des non dits dans ce genre d'affaires.
C'est le monde à l'envers. Ici c'est le guérisseur qui ne veut pas aller travailler dans les hôpitaux, alors que la médecine conventionnelle, l'invite à le faire.
S.A. : (S'adressant au chirurgien) Quel serait la question que vous auriez envie de lui poser ?
Pr A.T.D. : Cette question serait de nous dire, quel est donc se secret qu'ils ont et qui pourrait nous enrichir, mais je sais que nous allons avoir une fin de non recevoir.
Niaré : Je pourrais donner mes connaissances, même à vous (en ma direction), mais je dois les transmettre à des gens qui ont une grande moralité, qui sont fidèles et sages, qui ont toujours obéi à ses parents, à ses aînés.
Pr A.T.D. : Même si on lui dit, qu'on obéit à ses critères, il nous dit qu'on a pas suivi le même cursus, on a pas été ses élèves, rien ne lui dit que c'est vrai.
S.A. : Dans la médecine classique, vous pouvez être médecin et avoir une vie tout à fait amoral ? Pourquoi est-ce qu'il faut avoir cette rigueur, cette moralité quand on est guérisseur comme lui ?
Niaré : En fait, nous les guérisseurs ne travaillons pas comme les praticiens modernes. Nous, nous invoquons des puissances que la médecine moderne ne connaît pas. Par contre, vous vous utilisez d'autres portes d'entrées, donc forcement nous ne soignons pas de la même manière.
Pr A.T.D. : Il faut absolument chez eux, être chaste, être sage et aussi ne pas être cupide.

A l'exemple du Mali qui mêle ces deux médecines avec respect, je m'interroge. Cela est-il possible chez nous ?
Dr T.J. : Les guérisseurs étaient là avant les docteurs, et je pense qu'ils faut les laisser vivre à côté des docteurs, et peut-être qu'un jour si il y a un dialogue qui peut se constituer entre le monde de la médecine scientifique et le monde de la médecine relationnelle traditionnelle, alors les deux pourront s'enrichir l'une de l'autre. Et j'ai tendance à croire que celle qui en bénéficiera le plus, c'est la médecine scientifique car elle est devenue si pauvre au niveau relationnelle, au niveau humain. Tandis que la médecine énergétique, elle n'a pas besoin de technologie, elle s'en sort très bien comme ça. Seulement, c'est que ces guérisseurs, ne restent pas isolés, et ne tombent pas dans le piège de la toute puissance, où ils croient qu'ils peuvent tout faire, ils sont de plus en plus capables de conseiller d'aller voir des médecins conventionnels, et de travailler en équipe avec eux. Parce que se serait une illusion de penser que l'on peut par l'acte de guérison traditionnelle, solutionner tous les problèmes auxquels l'être humain est confronté.
Est-ce que ce bel exemple de collaboration dont je viens d'être témoin au Mali est unique ? C'est une grande surprise qui m'attend à Lausanne, en Suisse, à l'hôpital de la Source. Ultra moderne et novateur, cet hôpital est spécialisé dans le traitement du cancer. Mais ses traitements sont lourds, et les effets secondaires très agressifs. le Docteur Claire Guillemin, chef du service qui traite les cancers, constate les effets secondaires de la radiothérapie, souvent elle propose d'aiguiller les patients vers des guérisseurs pour des soins complémentaires.
S.A. : C'est quoi les dégâts les plus importants ?
Dr C.G. : Ça fait des dégâts dedans et collatéraux. Ce qui est le plus spectaculaire, quand on traite la région de la tête et du cou par exemple, ils ont la peau rouge, ils perdent la barbe, ils ont des aphtes dans la bouche, ils ont du mal à manger correctement, des fois il faut mettre des tubes pour manger, c'est pas commode comme type de traitement, il y a beaucoup de soutien médical. Et puis, il y a les moyens disons, autres, des moyens plus énergétiques, avec l'énergie ou la pensée, toutes se notions de secrets, il y a les barreurs de feu, les magnétiseurs, l'acuponcture, la médecine chinoise... Ce sont les patients qui nous en apprennent le plus, car il y en a plein qui font des choses à côté, et qui vraiment, ça passe secrètement comme une fleur, alors que médicalement ça n'a pas de logique. Je pense qu'on expliquera ça un jour, pour nos grand-mères, l'électricité c'était magique, ou le fax. C'est encore un peu magique pour nous. On a beaucoup de peur, qui fait que pour l'instant le travail au niveau scientifique est difficile, parce qu'on est dans une sphère très biotechnologique où de toute façon, on traite le corps comme une voiture, on change une pièce, mais ça ne marche pas comme ça. Le guérisseur a certainement pas un faisceau aussi précis et aussi technologiquement pur que ce qu'on fait avec nos électrons et nos photons. Mais probablement, il y a une partie très similaire. Par contre, ils utilisent leur rayonnement mais pas des électrons et des photons, on ne sait pas ce qu'est le rayonnement qu'ils utilisent par la pensée.
Ils existent donc des médecins, qui voyant que leurs patients réagissent bien mieux que leur traitement, ce sont intéressés aux médecines parallèles, sans pour autant comprendre comment ça marche !
Dr C.G. : J'ai un petit réseau de gens qui sont ou des guérisseurs ou des énergéticiens, qui sentent des choses, qui voient ça différemment, je pense que c'est grandissant pour le patient. La radiothérapie et la chirurgie marchent très bien, parce qu'on arrive pas sans ça. Pour l'instant, on ne guérit pas le cancer avec de petites graines. Moi je ne travaille pas qu'avec des barreurs de feu, il n'y a pas que ça. Il y a plein de guérisseurs, ils sont bien répertoriés, c'est des choses acceptables et acceptées en suisse, un guérisseur, rebouteux ou autres, qui travaillent bien, qui connaissent leurs limites, qui travaillent sur d'autres étages de la personne. Il y a votre personne physique, mais il y a plein d'autres choses, votre pensée, vos croyances, ce qu'il y a eu dans l'histoire familiale, votre propre expérience, tout ce qui peut faire qu'on a plus ou moins peur, et ces personnes là, travaillent à ce niveau là. Souvent, je surfe sur cette vague, si les gens ne m'ont pas parlé, si il y avait trop de symptômes, que je n'arrive pas médicalement, je leur dis, écoutez on peut toujours essayer le secret si vous voulez. C'est là où on peut aborder l'histoire. C'est vraiment leur donner ça comme une autre possibilité, ou outil supplémentaire.
S.A. : Essayer le secret ?
Dr C.G. : Oui, on peut essayer, peut-être ça marchera, il n'y a pas de raison, ça marche pas à tous les coups, C'est essayer avec tout ce que cela implique.
S.A. : C'est le mot secret qui est frappant ?
Dr C.G. : C'est comme ça qu'on l'appelle chez nous, on parle pas de barreurs de feu, etc, on parle de secret.

Le Docteur Guillemin me parle de secret comme elle me parlerait de médicaments. Pourquoi est-ce que ça parait si simple en Suisse ? Et pourquoi cette approche ne serait-elle pas applicable en France ? Ça n'est pas ça la médecine, la rencontre de plusieurs compétences ? Retour au début de l'aventure, aux Etats-Unis, dans un hôpital au sommet de la technologie. L'hôpital universitaire Brigamon Women, qui accueille l'école de médecine de Harvard, et qui a eu parmi ces chercheurs, plusieurs prix nobles de médecine, et dans cet hôpital, il y a aussi des guérisseurs.
Sont-elles là pour faire disparaître une migraine, pour calmer une brûlure ? Pas du tout. Patricia Reilly, guérisseuse, assiste le Docteur Cohn dans le cadre d'une opération à cœur ouvert, à la demande du chirurgien lui même.
P.R. : Lors de se travail, nous essayons de rééquilibrer les énergies du patient, pour qu'il puise dans ses propres ressources, les outils de sa guérison. Qu'il ne perde pas d'énergie, et qu'il se sente fort. L'énergie entre par le dessus de la tête, et elle reste bloquée là où il y a eu une incision, au lieu de circuler dans l'ensemble du corps. Alors le travail postopératoire consiste à faire circuler l'énergie partout, afin d'éviter qu'elle ne reste coincée. Selon la médecine chinoise, l'énergie coincée provoque de la douleur. Plus nous arriverons à faire circuler l'énergie, moins il souffrira. Ce que nous faisons également, est de celer son aura. Il y a son corps physique et son corps spirituel. Quand vous faites une incision, l'énergie s'échappe et donc après l'opération, nous la colmatons.
Le patient qui doit subir l'intervention, s'appelle Ed, et il a l'air confiant !
S.A. : Qu'est-ce que vous ressentez par apport à votre champ énergétique ?
Ed. : Tout ce que je peux dire, c'est que je me sens très détendu ! Il est vrai que j'ai déjà traversé des épreuves très difficile en étant très détendu. Je crois en notre créateur mais aussi en James Maxwell, à l'électricité et au magnétisme. Tout ça n'était que des théories avant que l'on puisse en faire la démonstration expérimentale.
P.R. : Une chose que j'ai faite avec Ed hier soir, et de le mettre dans un état de grande relaxation. Je l'ai mis dans un état profond et je lui ai fait mettre ses mains sur son cœur, et je lui ai fait se demander, quels sont les sentiments que je ressens ? Quelles sont mes peurs ? Je lui ai ensuite demandé se qui l'aiderait à se sentir mieux, il m'a répondu de l'amour. Alors, je lui ai dit d'imaginer d'envoyer cet amour à son corps, pour le guérir et pour soigner ses peurs et ses inquiétudes. Que cet amour sortait de ses paumes,et allait dans son cœur. Il était très apaisé après cela.
Patricia travaille en tant que guérisseuse dans cet hôpital depuis plusieurs années. Comme tout le personnel médical, elle a sa place dans la salle d'opération. Une place privilégiée, un rôle privilégié. En sa présence, tout le monde se sent plus confiant. On sait que le patient est bien préparé.
P.R. : J'essaye de le charger d'énergie, et j'envoie aussi de l'énergie apaisante aux personnes chargées de l'opération, ainsi, ils ne sont pas trop tendus.
S.A. : Comment est-ce que vous faites ?
P.R. : J'imagine cet énergie entrée par le haut de ma tête, et sortir par mes mains. Vous le sentez ?
S.A. Ah oui, ah oui je le sens !
P.R. : C'est ce que je fais. Ça nous rappelle que nous avons tous besoin de ça. Que quelqu'un puisse nous touchez pour nous faire du bien. C'est un besoin naturel et vital. Il y a des personnes qui exercent ce travail pendant des années, ils ne voient ni ne sentent grand chose. Cela vient plus naturellement à d'autres. Je vois l'énergie, il m'arrive de voir des couleurs ou des images.
En m'adressant au Docteur Stanton Sherman, chef anesthésiste de l'opération.
S.A. Ed parait très calme ce matin ?
Dr S.S. : C'est merveilleux, si vous me demandez de comparer ce patient avec les milliers d'autres patients que j'ai déjà traité, effectivement à ce stade de l'opération, il est certainement plus calme que la moyenne. Maintenant, si vous me demandez si cela est quelque chose qu'il contrôle ou que nous contrôlons, ou qu'il s'agit de quelque chose qui se situe entre les deux, je ne peux pas dire, j'ai vu ce genre de chose peu de fois. Je ne sais pas si ça fait une différence. Je ne sais pas pour quelle raison, elle lui donne quelque chose. Lui, il l'accepte, il y a une sorte d'interaction particulière. En tant que médecin, tout ce qui m'importe, c'est que le patient aille bien.
P.R. : C'est le but !
Dr S.S. : Peu importe, ce qui marche, ça me va. J'ai une formation de scientifique, de biologiste, et j'ai moins d'expérience dans cette approche globale et holistique, je suis tout d'abord un médecin, et l'objectif d'un médecin, est de prendre soin d'un malade à l'intérieur comme à l'extérieur, alors nous faisons appelle à des consultants, comme un consultant en chirurgie, en anesthésie, une consultante guérisseuse, il n'y a rien de mal à ça.
Un guérisseur dans un hôpital. Ce médecin à l'air de trouver cela tellement normal. Et pourtant, nous ne sommes pas n'importe où, il n'y a pas d'autre hôpital dans le monde qui ai reçu autant de citations et publié autant d'articles scientifiques pour ses recherches. Le Docteur Lawrence H. Cohn, un des chirurgiens cardiaque les plus réputés au USA, est celui qui a ouvert son bloc au travaille énergétique.
S.A. : Comment est né l'idée de travailler sur l'énergie avant l'opération ?
Dr L.H.C. : Beaucoup de personnes pensent que le patient supporte mieux la chirurgie s'il est préparé mentalement. Les énergéticiennes travaillent ici avec beaucoup de nos patients et c'est très bien.
S.A. : Qu'est ce qui vous vient à l'esprit quand vous entendez parler d'énergie ?
Dr L.H.C. : Je pense que c'est très positif et que c'est remarquable pour le rétablissement des patients.
S.A. : Mais vous pensez que c'est quoi ?
Dr L.H.C. : Je ne sais pas. Je pense que c'est un ensemble de choses positives. La musique, le toucher, la pensée. Tout ce que je sais, c'est que le cœur est la place de l'âme, alors tout ce qui est positif pour le cœur, est bien. Je ne sais pas. Je compte sur des experts comme vous, pour me dire d'où vient l'énergie. J'aimerai pouvoir donner des mesures physiques, mais je ne le peux pas. Tout ce que je peux dire c'est que c'est mentalement positif, les patients les mieux préparés s'en sortent mieux, les patients les moins préparés s'en sortent moins bien.
S.A. : Pour les patients, vous êtes prêt à ouvrir votre salle d'opération à des choses que vous ne comprenez pas, mais qui marchent ?
Dr L.H.C. : Oui, ça marche, nous ne comprenons pas exactement comment ça marche, mais ça marche, c'est tout ce qu'il m'importe pour avoir de bons résultats, c'est très important.
Je suis curieux de savoir ce qu'est devenu Ed, le patient dont j'ai vu le cœur battre à l'air libre. Est-il en bonne santé ? Deux mois après l'opération, je lui rends visite.
S.A. : C'est le Dr Cohn là, et vous êtes là et Pat ici. L'opération commence, (nous revoyons les images). Vous vous sentez bien ?
Ed : Bien sur !
S.A. : Vous connaissiez la médecine énergétique avant ?
Ed : Non, pas vraiment, enfin, je ne connaissais pas ce genre de méthodes pratiquées dans ces hôpitaux, mais je savais que l'hôpital approuvait ses méthodes. Ce n'est pas comme si quelqu'un frappait à la porte et vous proposez ses services. j'avais confiance dans cet hôpital, nous l'avions choisi car nous savions qu'il avait un très bon service. Le fait qu'il y aie ce supplément de soins à la procédure médicale ne m'a pas surpris, en revanche c'est cette relation intime au sein de l'hôpital qui était très surprenant. Mais il faut bien ça pour que ça fonctionne.

Cette enquête s'achève. Au fil des semaines, j'ai croisé un guérisseur Malien, Niaré qui travaille cote à côte avec les médecins. Au Pérou, Guillermo qui utilise avec des plantes pour voir à l'intérieur du patient. En Suisse, le Dr Guillemin, dans un service qui traite le cancer. En France, P. Coutisson, P. Yonas ou J-L Bartoli dont les résultats sont constatés par les médecins. Ou encore Patricia Reilly, dans cet hôpital américain ultra moderne, et tous raconte la même chose, il existe dans différents endroits de la planète, un savoir faire commun, une autre médecine. Tout au long de mon enquête, j'ai été le témoin privilégié de ce qui est en train de se produire sous nos yeux, ces mondes ne s'ignorent plus, ils se découvrent mutuellement, ils ont envie de s'écouter avec curiosité et respect.

Écrivain et réalisateur, Stéphane Allix débute dans le journalisme en 1988, à l'âge de 19 ans, en rejoignant clandestinement les résistants afghans à l'occupation soviétique. Ses investigations l'amènent à s'intéresser à des sujets comme les routes du trafic d'héroïne entre le Croissant d'or et l'Europe ou l'émergence du mouvement taliban. Il fonde et dirige l'antenne afghane de la Société des Explorateurs français à Kaboul jusqu'en 2001.
Depuis 2003, il étudie les disciplines scientifiques telles que la psychiatrie, la physique quantique, la biologique, l'astrophysique, mais s'intéresse aussi aux expériences inexpliquées, aux connaissances traditionnelles ou encore aux savoirs chamaniques.

Ainsi, fort de son parcours de grand reporter, Stéphane Allix applique des méthodes d'enquête rigoureuses aux sujets inexplicables qui jusqu'alors n'étaient pas toujours abordés avec beaucoup de sérieux. Loin de mettre à jour les explications rationnelles attendues, il constate le caractère extraordinaire de phénomènes insolites comme la précognition, les bienfaits de certains guérisseurs, etc…
En juin 2007, il fonde l'Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires, l'INREES, dont l'objectif est de rassembler des professionnels de santé, des psychologues, des psychiatres ainsi que des chercheurs, des cinéastes ou des écrivains, désireux de porter avec rigueur et méthode un nouveau regard sur les expériences dites extraordinaires.

ENQUÊTES EXTRAORDINAIRES - M6 > Mai > 2010
 
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